24 janvier 2008
Là où vont nos pères (Shaun Tan)
A l'occasion du festival d'Angoulême, je dépoussière ce blog pour présenter quelques BD qui m'ont laissé un souvenir impérissable et que je n'ai de cesse de recommander à tous ceux que la bande dessinée intéresse, au-delà du bon vieux Spirou et autres Astérix...
Là où vont nos pères n'est pas une bande dessinée ordinaire, ce n'est même pas, à mon sens, un roman graphique (car existe-t-il un roman sans paroles ?) ; c'est une oeuvre silencieuse qui raconte cette histoire que l'on a tous entendus un jour et qui est, comme nous le montre Shaun Tan, atemporelle : l'histoire de ces hommes et femmes qui quittent leur vie pour partir en rêvant d'ailleurs mais surtout de mieux.
Ces thèmes de l'immigration, de l'étrangeté d'un monde nouveau et de sa découverte, sont traités avec un onirisme et une douceur transmis par les tons sépias et le graphisme particulier du dessin ; la composition même des planches étonne, tantôt pleines pages époustouflantes, tantôt petites cases multipliées comme autant de carreaux d'une fenêtre ouverte sur ce nouveau monde.
Au fil de la lecture, on devine ce qui est tu : la solitude, le barrage de la langue, l'adaptation difficile... Dans ce monde imaginaire, universel, on se surprend à apprécier le silence qui nous entoure, on ressent plus qu'on ne lit. Alors, s'il faut peut-être faire un effort pour se plonger dans cet épais volume afin de le savourer à sa juste valeur, on ne le regrettera certainement pas.

