Caramel au beurre salé

Pas de beurre dans mes livres, mais des marque-pages en pagaille pour retrouver mes perles...

30 avril 2007

Druss La Légende (D. Gemmell)

Résumé (éditions Bragelonne) :

Son nom est Druss. Garçon violent et maladroit, il vit dans un petit village de paysans situé au pied des montagnes du pays drenaï. Bûcheron hargneux le jour, époux tendre le soir, il mène une existence paisible au milieu des bois. Jusqu’au jour où une troupe de mercenaires envahit le village pour tuer tous les hommes et capturer toutes les femmes. Druss, alors dans la forêt, arrive trop tard sur les lieux du massacre. Le village est détruit, son père gît dans une mare de sang. Et Rowena, sa femme, a disparu… S’armant de Snaga, une hache ayant appartenu à son grand père, il part à la poursuite des ravisseurs. Déterminé à retrouver son épouse, rien ne devra se mettre en travers de son chemin. Mais la route sera longue pour ce jeune homme inexpérimenté. Car sa quête le mènera jusqu’au bout du monde. Il deviendra lutteur et mercenaire, il fera tomber des royaumes, il en élèvera d’autres, il combattra bêtes, hommes et démons. Car il est Druss… et voici sa légende…

druss

Mon Avis :

Une découverte plutôt sympathique, malheureusement au moment où Gemmell nous quittait. Ce n'est pas le premier livre du cycle Drenaï que j'ai lu, ni celui que j'ai préféré, mais Druss La Légende est incontestablement un bon livre. Après Légende (le premier roman de David Gemmell), on plonge dans la vie de Druss et son périple pour retrouver Rowena. Combats, trahisons, cachots, sangs… rien de très romantique et pourtant c’est par amour, dit-il, qu’il agit ainsi. Il doit pour cela garder le contrôle de Snaga l’Expéditrice, son arme démoniaque qui n’attend qu’un esprit faible pour s’emparer de lui et lui soumettre sa volonté.

Extraits :

Aimer c’est donner, pas recevoir. C’est partager son âme. Mais je perds mon temps à essayer de t’expliquer cela. Autant enseigner l’algèbre à un poulet.

*****

- Poète, l’appela-t-il doucement.

Sieben ouvrit les yeux.

- Mais rien ne peut donc te tuer, guerrier à la hache ? souffla-t-il.

- Apparemment, non.

- Nous avons gagné, dit Sieben. Et je te ferai remarquer que je ne me suis pas caché.

- Je n’en attendais pas moins de toi.

- Je suis affreusement fatigué, Druss.

- Ne meurs pas. Je t’en prie, ne meurs pas, fit le guerrier.

Les larmes lui piquaient les yeux.

- Il y a des choses que même toi tu ne peux avoir, mon vieux. Mon cœur ne sert plus à rien. Je ne sais même pas comment j’ai pu vivre si longtemps. Mais tu avais raison. Ce furent de belles années. Pour rien au monde je ne voudrais les changer. Prends soin de Niobe et des enfants. Et débrouille-toi pour que des maîtres de sagas me rendent justice. Tu me le jures ?

- Oui, évidemment.

- J’aurais bien voulu être l’auteur d’une telle saga. Quelle apothéose…

- Oui. Comme tu dis. Ecoute, poète. Je ne suis pas doué pour les mots… mais je tiens à te dire que tu as été comme un frère pour moi. Le meilleur ami que j’aie jamais eu. Le meilleur. Poète ? … Sieben ?

Sieben regardait le plafond de la tente sans le voir. Son visage serein avait presque retrouvé un semblant de jeunesse. Les rides disparaissaient devant Druss. Le guerrier se mit à trembler. Delnar s’approcha pour fermer les yeux de Sieben, et le couvrir d’un drap. Puis, il aida Druss a retourner dans son lit.

- Gorben est mort, Druss. Ses propres hommes l’ont tué pendant la déroute. Notre flotte a bloqué les Ventrians dans la baie. A l’heure où je te parle, un de leurs généraux est en train de parlementer avec Abalayn. Nous avons réussi. Nous avons tenu la passe. Diagoras veut te voir. Il a survécu à la bataille. Tu te rend compte ! Même le gros Orases est toujours avec nous. J’aurais parié à dix contre un qu’il ne survivrait pas.

- Donne-moi à boire, s’il te plaît, murmura Druss.

Delnar revint avec un verre d’eau fraîche. Druss la but lentement. Diagoras entra dans la tente, portant Snaga. La hache avait été nettoyée du sang, et polie ; elle brillait de mille éclats.

Druss la contempla, mais ne la prit pas. Le jeune homme aux yeux noirs sourit.

- Vous avez réussi. Je n’avais jamais rien vu de tel. Je ne croyais pas que ce serait possible.

- Il n’y a rien d’impossible, dit Druss. N’oublie jamais ça, mon garçon.

Les larmes montèrent aux yeux du guerrier à la hache et il tourna la tête. Un moment plus tard, il les entendit sortir. Alors seulement, il permit à ses larmes de couler.

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15 avril 2007

Muchacho (Lepage)

Les livres, ce n'était pas assez... Etant une grande dévoreuse de Bandes Dessinées également, j'ai agrandi le cercle de ce que je voulais vous faire découvrir.

Muchacho est une BD en deux tomes, d'Emmanuel Lepage (Névé, La Terre sans mal)

Résumé
C’est la passion qui anime Muchacho, récit de la destinée complexe et mouvementée d’un jeune peintre séminariste. Passion picturale d’un « fils de », Gabriel, prénom et visage d’ange, qui est envoyé à San Juan, village de montagne, pour peindre la Passion du Christ. Passion amoureuse du jeune homme qui s’éveille à la sensualité, qui peine à trouver sa véritable âme, qui la sent osciller, hésiter, dévier, sans savoir ce vers quoi il avance et ce à quoi il aspire. Passion révolutionnaire enfin, et histoire de violence lorsque le jeune séminariste rejoint un groupe de sandinistes dans la forêt. C’est le récit d’un changement : enfant sage, protégé par les siens, par les pères, Gabriel doit faire des choix. Des choix qui le portent toujours vers la violence, vers l’incompréhension, et parfois vers l’amour.
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Mon avis :
Magnifique ! On ne sort pas indemne de ce tourbillon de couleurs et d’émotions ! Complètement absorbé par le personnage de Gabriel, ses doutes et ses choix, on n’en ressent que plus ses faiblesses et ses peurs. Dans Muchacho, on ne parle que s’il le faut vraiment, et les planches sans dialogues renforcent cette idée que parfois les mots sont inutiles. Les couleurs somptueuses et le dessin réalistes parlent d’eux mêmes : dans le second tome, la forêt tropicale, son climat et sa végétation hostile sont palpables à travers les pages, comme un enfer dans lequel le petit groupe de guérilleros avance.
Je garde un souvenir particulier de deux pages magnifiques qui se complètent parfaitement : la première dans les tons ors se termine par des ombres bleutés, et la seconde, dans les tons bleus, commencent avec quelques touches d’or… C’est comme si l’histoire s’était arrêtée et on savoure toute la beauté du dessin dans un moment clé de la vie du héros.

Posté par Crokme à 19:19 - BD - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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